Samedi 8 août 2009
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11:30
Nous partons de Siem Reap direction
Battambang au sud. Pour cela nous prenons le bateau express qui doit nous amener à la 2e ville du pays par le fleuve en 5h. 8h plus tard,(d’ailleurs en voyant le bateau on s’est demandé
s’il avait déjà fait le trajet en 5h), nous arrivons à bon port. Opération recherche d’hôtel enclenchée. Nous rencontrons un routard français à la réception de l’un d’eux et dans un souci
d’économie, nous partageons une chambre avec lui. Le soir visite de la ville. « 2e ville du Cambodge par la taille, cette élégante cité fluviale se distingue par son architecture
coloniale » dixit le Lonely Planet. On a fait trois fois le tour de la ville et, à part deux façades avec des colonnes, on se demande si on ne s’est pas trompé de ville.
La ville n’ayant pas d’intérêt nous louons des vélos avec notre colocataire pour aller visiter les Killing Caves de Vat Phnom Sampeau. Explication: Juché au sommet d’une haute montagne calcaire, à
18 km au sud-ouest de Battambang, le vat Phnom Sampeau se trouvait sur la ligne de front entre les forces gouvernementales et les positions des Khmers rouges. Cette montagne, remplie de grottes,
servait de charnier : Les Khmers rouges matraquaient les victimes avant de les pousser dans le précipice… dans un souci d’économie de munitions. Pas très gaie cette visite en effet, mais l’histoire
du pays est telle qu’il était difficile de passer à côté.
Les 18 km en vélo seront atroces ! La chaleur, la poussière et cette route aux nids-de-poule (d’autruche ?) nous obligent à nous arrêter souvent acheter à boire. Il n’y a pas encore de goudron sur
cette nationale ! Hors de la ville, le vélo n’est pas utilisé et les gens s’étonnent de nous voir sur une route si loin de la ville. Certains se sont même mis à notre niveau pour nous questionner.
J’ai roulé en vélo dans beaucoup d’endroits mais il faut dire que là c’était vraiment dur. Claire a découvert ce qu’était le vent de face en vélo et l’intérêt de se planquer dans une roue
;-)
Alors que nous sommes en bas d’une de ces caves, entourés d’ossements, nous rencontrons des moines bouddhistes avec qui nous discutons. Ils apprennent l’anglais et
sont heureux de pouvoir le mettre en pratique. Quelques temps après ils nous proposent de nous faire visiter leur montagne. Nous acceptons et passerons un très bon après-midi en leur compagnie. Il
nous ont fait découvrir des endroits, certes un peu glauques, où ne serions jamais allé seuls. En plus de la visite, discuter avec des moines bouddhistes a une saveur toute particulière. J’avais
l’image du moine Tibetain, propre dans son corps et dans son esprit qui se voue à la méditation toute la journée, j’ai découvert des moines qui fument, qui ont un téléphone portable, qui se vannent
entre eux, bref des jeunes gens pas très différents de nous autres, loin de l’image que j’en avais.
Ils nous proposent de venir donner des cours d’Anglais le lendemain à une classe de jeune moines. Malheureusement nous devons partir. Dommage.
Partir, mais comment ? La carte indiquait une voie ferrée pour rejoindre la capitale où nous allons. La seconde voie ferrée des deux que comporte le pays. Nous nous
rendons donc à la gare, ou plutôt à la ferme-restaurant-épicerie-gare pour connaître les horaires. Tout est fermé, désert, nous questionnons le préposé :
- Combien coûte un ticket ?
- (La personne nous regarde avec des grands yeux) C’est gratuit, il n’y a pas de trains-voyageurs que des marchandises, il suffit de monter sur le toit. Mais il ne faut pas être
pressé il ne dépasse pas 20 km/h!
- ok, et le prochain passe quand ?
- oula… ça fait bien longtemps que j’en ai pas vu !
Ça sera donc en bus !
A suivre.
Par Vincent Castaner
Jeudi 6 août 2009
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17:07
L’entrée au Cambodge est un choc. Sur l’espace de 100m qui sépare les pays, nous constatons immédiatement la
différence de niveau de vie. Nous quittons la Thailande, pays développé qui a tout misé pendant de nombreuses années sur le tourisme, pour entrer au Cambodge. A part les temples d’Angkor, le
tourisme est inexistant et le génocide d’il y a 30 ans de Pol Pot se sent encore. Direction Siem Reap pour visiter les fameux temples. Deuxième choc, le nombre de mutilés par les mines
anti-personnel.
Le Cambodge est le pays où il subsiste le plus de mines. Même dans le haut lieu touristique qu’est Angkor, il n’est pas conseillé d’aller faire ses besoins derrière un arbre, ne jamais quittez les
sentiers balisés.
La ville en elle-même n’est pas exceptionnelle… en revanche les temples... Grandiose !. Personne ne reste insensible à la magie de l’univers minéral et végétal d’Angkor où les vestiges
hallucinants d’une civilisation disparue sont enchâssés dans une des plus belles forêts qui soient. Découvert par les Colons français, le plus grand des temples Angkor vat n’est autre que le plus
grand édifice religieux sur terre, tout ça au milieux de la jungle. Il nous a fallu deux jours pour voir tous les temples que composent le site, pour voir ce combat entre nature et pierres. Notre
chauffeur de Tuk-Tuk (Mr Tho, je lui avais promis que je parlerai de lui) nous a attendu et fait visiter cette vaste forêt de pierres. Après avoir sympathisé avec lui, nous décidons d’aller voir la
forêt engloutie proche de son village le lendemain.
7h. Mr Tho nous attend devant la maison de la famille qui nous loge direction la forêt inondée de Phhluk. Au bout d' un moment, la route est impraticable par le tuk-tuk. Hop en moto! A certains
endroits l’eau est tellement haute sur la route que Mr Tho est obligé d’aller à fond pour ne pas que l’eau s’engouffre dans le pot d’échappement. Un grand moment ! Après une heure de bateau
(conduit par un enfant de 12 ans, rassurant) nous arrivons à la forêt. Tous les ans, l’eau submerge la forêt lorsque la crue du Mékong fait monter le niveau du lac. Au retour nous nous arrêtons au
village de Kompong Phhluk. Village bâti sur des pilotis de 6 ou 7 m.
Peu de touristes viennent ici et tout le monde nous regarde quand nous nous baladons dans le village. Les enfants sont intrigués par mon piercing à l’arcade. Nous rencontrons l’instituteur de la
ville qui nous propose de venir à 13h pour les cours de l’après-midi. Pour l’occasion achat de cahiers et stylos à la boulangerie-papeterie-restaurant-hôtel-épicerie du village. « My name is
Vincent, I’m from Paris, France » tels sont les mots que je me suis appliqué à écrire sur le tableau vert.
Retour à Siem Reap le soir, pour notre première balade en vélo au Cambodge et premières difficultés. «On est vivant » est sorti de la bouche de Claire en rendant les vélos. Les sorties
cyclistes dominicales en France sont parfois dangereuses mais désormais je peux relativiser. La-bas c’est de l’inconscience, n’envisagez même pas de lever votre bras pour indiquer que vous voulez
tourner, c’est la perte de celui-ci assurée !
Par Vincent Castaner
Mercredi 5 août 2009
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12:01
Après une journée d'excursions à dos d’éléphant, sur un radeau de bambou, dans des cascades, en train …nous commençons notre déplacement vers le Cambodge. Le service
des bus Thaïlandais est vraiment bien perfectionné et les routes de qualité (il en sera tout autre après), nous choisissons de nous arrêter sur une île Thaï proche de la frontière dénommée Koh
Chang. Sur le Ferry qui nous emmène sur l’île, nous rencontrons 3 routards français qui résident à 100 m de chez moi ! Pourtant il n’y avait que peu de touristes, ce n’est pas la période. Et grâce
à cela, nous avons pu avoir un bungalow sur pilotis face à la mer pour quelques dollars. Un endroit de rêve sur une plage en sable blanc encore sauvage. A peine arrivés et nous sommes en train de
nous baigner dans la mer - ou plutôt dans un bain tellement l’eau est chaude! -
Réveil en sursaut la nuit…. Non, non ce ne sont pas des moustiques, j’aurais préféré. Mais de gros rats qui se régalent avec notre savon dans la salle de bain
extérieure. Le lendemain, nous visitons l’île : que de la jungle avec une route qui fait le tour. Nous cherchons à louer des vélos, que des motos. Va pour une 125. Heureusement que la circulation
sur l’île est très limitée, déjà que les freins sont inversés par rapport à un vélo mais en plus on roule à gauche. Après quelques kilomètres dans la jungle, je comprends pourquoi aucun vélo n'est
à louer. Les pentes ont un tel pourcentage que j’entends la moto s’étouffer !
Farniente et détente sur notre plage (privée ?). La seule attraction de l’île réside dans ses fonds marins, malheureusement le mauvais temps nous pousse à partir.
Surprise, nous apprenons qu’il est impossible de passer par la frontière située à quelques kilomètres mais uniquement par le poste situé à 300 km (les relations Cambo-Thaï ne sont pas au beau
fixe). Nous prenons donc un mini-bus direction la fameuse frontière. Le chauffeur est un … psychopathe, oui je ne vois pas d’autres mots ! et a roulé comme un fou furieux. A peine 3 km après le
départ, Boum ! Un chien. Le chauffeur descend remet le pare-choc, enlève le sang et c’est reparti. Un gamin je crois que ça aurait été pareil. On a serré les fesses tout le trajet.
A suivre
Par Vincent Castaner